Le point d’exclamation : « je déborde d’enthousiasme ! »

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S’il est un signe de ponctuation expressif, c’est bien le point d’exclamation ! Parfois utilisé à outrance, il sert à souligner la colère, la joie ou encore la surprise. En rédaction web, mieux vaut pourtant l’utiliser avec parcimonie pour éviter d’alourdir un texte… Alors, comment employer correctement le point d’exclamation ? Tour d’horizon grammatical et sémantique avec un signe qui a beaucoup de choses à raconter…

Le point d’exclamation : rencontre

Point d’exclamation, pouvez-vous vous prése…

Avant toute chose, j’aimerais vous remercier ! Quel honneur ! J’avais tellement hâte d’être interviewé, moi aussi !

Euh, merci beaucoup, c’est gentil. Donc, pourriez-vous vous présenter ?

Bien sûr ! Alors, je suis le point d’exclamation, l’un des signes de ponctuation à double symbole de la langue française. Mais je ne suis pas français, non ! Io sono italiano !

Vous êtes italien ? Vraiment ?

Si ! Je suis né au XIVe siècle, à Florence. C’est Iacopo Alpoleio da Urbisaglia qui m’aurait inventé dans son Ars punctuandi. Il est probable qu’il se soit inspiré d’un signe plus primitif pour créer le punctus admirativus, le point admiratif. À cette époque, j’étais fait d’une barre penchée vers la droite, accompagnée de deux points en-dessous. Avouez que je me suis simplifié la vie avec le temps ! Vous pouvez me trouver dns ma forme actuelle entre les pages du De nobilitate legum et medicinae (1399) de Coluccio Salutati, un chancelier de Florence. Tout ça pour exprimer toute l’éloquence des humanistes du Quattrocento

En effet, vous avez connu un sacré parcours ! Et en ce qui concerne votre typographie, où en êtes-vous aujourd’hui ?

Comme je vous le disais plus haut, je suis un signe à deux symboles. Aussi, comme mes confrères, le point-virgule et le point d’interrogation, je prends une espace avant et une espace après. Généralement, je suis suivi d’une majuscule ; toutefois, si je suis employé avec la valeur d’une virgule fermante, je suis alors suivi d’une minuscule.

C’est-à-dire ?

Tenez, voici un exemple, ce sera plus simple !

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres sur l’optimisation des contenus en e-commerce. (Stéphane Mallarmé, 2019)

Le point d’exclamation, les courbes de la sémantique

Si vous le voulez bien, parlons maintenant musique : vous possédez une large gamme d’intonations…

Tout à fait ! Cette particularité fait de moi le signe de ponctuation le plus mélodique ! J’aime jouer sur les contrastes et m’élever sur la note finale. Grâce à celle-ci, je mets en valeur le terme sur lequel porte l’exclamation. Ce sont ces intonations qui traduisent les sentiments exprimés par le locuteur !

À tel point que, parfois, votre seule présence suffit à exprimer un sentiment, faisant de vous une expression non-verbale…

!!

Puisque vous abordez le sujet, la grammaire tolère-t-elle votre répétition ? Ou s’agit-il d’une faute ?

C’est tout à fait accepté ! Ma répétition permet de renforcer l’expression de l’exclamation. Bien sûr, il ne faut pas en abuser et, selon le type de texte, ce n’est pas forcément recommandé. J’ajoute que, grammaticalement, ma combinaison avec le point d’interrogation ou les points de suspension est aussi parfaitement valable.

Quoi, vous ne passez pas par un rédacteur web ?!

Avec un site bien optimisé, votre chiffre d’affaires augmenterait !…

Pouvez-vous nous éclairer sur les structures grammaticales dans lesquelles vous êtes employé ?

Bien sûr ! Tout d’abord, il faut savoir que les énoncés exclamatifs sont moins bien définis que les énoncés déclaratifs. Pour résumer, disons qu’ils expriment des sentiments plus ou moins forts et qu’ils jouent un rôle particulièrement important dans la communication orale.

Auriez-vous quelques exemples ?

Tout d’abord, il peut s’agit d’une exclamation seulement marquée par l’intonation (1). Vous pouvez également trouver des exclamations avec phrase incomplète (2). Comme le point d’interrogation, je peux avoir recours à l’inversion du sujet (3), voire aux mots exclamatifs (4). Enfin, mes préférés restent l’emphase par extraction (5) et l’emphase par dislocation (6). C’est chic, non ?

  • (1) Je me passionne pour le storytelling !

  • (2) Si je connais le SXO !

  • (3) Cet article n’est-il pas amusant !

  • (4) Que de mots-clés à intégrer !

  • (5) Ce sont vos concurrents qui vont être surpris ! Quelle bonne idée d’avoir embauché un rédacteur web !

  • (6) Le SEO, je ne m’en lasse jamais !

Merci pour ces précisions ! J’ai une dernière question avant de conclure : y a –t-il d’autres domaines où l’on peut vous croiser ?

La ponctuation des langues me prend déjà tout mon temps, vous savez. D’autant que certaines demandent plus d’implication que d’autres ! Ainsi, en espagnol, vous me verrez en fin de phrase mais aussi au début, renversé. Idem chez certaines langues africaines ! Toutefois, j’adore aussi le monde automobile et je suis fier d’apparaître sur des panneaux de signalisation. C’est ma façon de participer à la sécurité routière !

En bref :

  • le point d’exclamation traduit les sentiments du locuteur : surprise, colère…
  • il est particulièrement important à l’oral ;
  • en typographie, il prend une espace avant et une espace après ;
  • il est généralement suivi d’une majuscule, mais peut aussi être suivi d’une minuscule dans certains cas ;
  • il peut être combiné avec d’autres signes de ponctuation, comme le point d’interrogation ou les points de suspension ;
  • la grammaire tolère sa répétition ;
  • mais il ne faut pas en abuser non plus !

Ah ! le point d’exclamation… Après ce petit rappel grammatical et sémantique, j’ai le sentiment de mieux le connaître. Et vous, vous l’utilisez souvent dans vos textes ?

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