Étymologie : où le Houx pique ma curiosité…

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Comme chaque année, la période des fêtes de fin d’année a été particulièrement chargée. Entre deux dernières commandes, j’ai tâché de boucler derniers cadeaux, menus de réveillon et déco. J’ai d’ailleurs découvert de magnifiques couronnes de houx à suspendre. Au fait, pourquoi associe-t-on le houx au Nouvel An ? Et d’où vient ce mot où on ne prononce que deux lettres sur quatre ? Direction les forêts du nord pour une excursion étymologique !

Heureux qui, comme hulis, a fait un long voyage…

Avec son feuillage persistant, le houx fait partie des arbustes toujours verts à Noël, comme le gui ou le buis. De là vient sa réputation de porte-bonheur, lui qui résiste même aux mois les plus sombres de l’année ! Il était notamment utilisé par les Celtes lors des rituels du solstice d’hiver. Cependant, ce n’est pas chez eux qu’il faut rechercher l’étymologie du mot houx, mais chez les Francs Saliens.

Au début du Ve siècle, les Francs Saliens vivaient à proximité de l’embouchure du Rhin. Ce peuple germanique parlait alors le bas francique. Francique, français… et bien non ! Le bas francique est à relier aux langues germaniques. Cela fait de lui l’un des « ancêtres » du néerlandais et du flamand. En bas francique, c’est le mot hulis qui désigne le houx. Une racine que l’on retrouve, par exemple, dans le holly anglais et le hulst néerlandais. Elle est également présente dans les langues celtiques, avec le gaélique cuillean et le breton kelenn. Là, je vous l’accorde, ça ne saute pas aux yeux… Pour ce qui est de l’arrivée du hulis dans la langue française, elle attendra encore quelques années et un chef de guerre bien connu de nos manuels d’Histoire.

Où 486 marque un tournant décisif…

En 440, les Francs Saliens quittent les rives du Rhin et s’installent dans l’actuelle Belgique, près de Tournai. Quarante ans plus tard environ, un adolescent de quinze ans prend la tête de leur royaume. Il s’agit de Clovis, fils de Childéric 1er et descendant des Mérovingiens. Ambitieux, le nouveau roi des Francs Saliens entreprend une vaste politique d’expansion qui va le mener directement en Gaule.

En 486, Clovis et son armée pillent les villes de Beauvais, Amiens, Senlis, Paris… À Soissons, il mène une bataille contre Syagrius, qui dirige le dernier territoire encore sous contrôle gallo-romain. Il la remporte, y laisse un vase en morceaux et prend le contrôle du pays. Le francique fait donc aussi son entrée dans ce qui deviendra le pays des Francs, la France. Aujourd’hui, il nous reste toujours de nombreux mots tirés de cette langue dont nous ne savons que peu de choses : « houx », donc, mais aussi « framboise », « canif », « étendard », etc.

Le houx a ensuite donné d’autres mots à la langue française, comme « houssaie », là où pousse le houx, et « houssoir », qui est un balai fait de houx. On lui doit aussi le terme de « houspiller », qui signifie se faire gronder.

C’est donc une invasion venue du nord qui a apportée le mot « houx » en France. Ce qui me rappelle une autre histoire guerrière à propos d’Espagne et de cordonnier

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